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Blocus des lycées : Geffray dénonce des "violences inqualifiables", les lycéens maintiennent la pression
information fournie par AFP 29/09/2026 à 20:16

Des élèves bloquent le lycée Antoine de Saint-Exupéry à Lyon, le 29 septembre 2026 ( AFP / OLIVIER CHASSIGNOLE )

Des élèves bloquent le lycée Antoine de Saint-Exupéry à Lyon, le 29 septembre 2026 ( AFP / OLIVIER CHASSIGNOLE )

La grogne des lycéens, née autour du manque de moyens, des difficultés de remplacement des enseignants et de la dégradation des conditions d'apprentissage, pourrait se poursuivre jeudi, la principale organisation de lycéens appelant à reconduire les blocages après une nouvelle journée de mobilisation, émaillée de violences "inqualifiables" dénoncées par le ministre.

"Nous lycéennes, lycéens, nous nous mobilisons pour avoir des professeurs remplacés, pour une augmentation des moyens (...) pour avoir des conditions d'apprentissage décentes", fait valoir l'Union syndicale lycéenne (USL).

L'organisation demande au ministère de l'Éducation nationale de "recevoir au plus vite" ses représentants et appelle à "une reconduction des mouvements" jeudi.

Né la semaine dernière en Île-de-France, le mouvement est progressivement monté en puissance dans toute la France, l'USL appelant les lycéens à converger mardi avec la grève des agents de la fonction publique.

L'organisation lycéenne revendique 400 établissements bloqués sur les quelque 3.700 que compte la France.

Des élèves bloquent le lycée Arago à Paris, le 29 septembre 2026 ( AFP / Kenzo TRIBOUILLARD )

Des élèves bloquent le lycée Arago à Paris, le 29 septembre 2026 ( AFP / Kenzo TRIBOUILLARD )

De son côté, le ministère de l'Education nationale recensait en fin de journée 338 établissements encore affectés, dont 45 bloqués et 46 visés par des tentatives de blocage, sur un total de 416 établissements touchés depuis le matin. Il signalait aussi 31 blessés, entre élèves et personnels.

La mobilisation a été émaillée d'incidents dans plusieurs académies.

"Au moins 10 personnels" blessés

"Au moins 10 personnels de l'Éducation nationale" ont été blessés, a déclaré sur X le ministre Édouard Geffray, déplorant "un professeur frappé dans le Nord, un proviseur blessé par un tir de mortier dans les Hauts-de-Seine" ou "un autre menacé de mort en Essonne".

"Les violences sont inqualifiables (...) Le droit de manifester est une liberté fondamentale, qui ne saurait servir de caution à de tels actes. Les légitimer ou appeler, dans ce contexte, à étendre les blocages, c'est mettre en danger nos élèves comme les agents publics. C'est irresponsable", a-t-il écrit.

Des élèves démontent un panneau de signalisation et une caméra de surveillance lors d'une action de blocage du lycée Cesar Baggio à Lille, le 29 septembre 2026 ( AFP / Sameer AL-DOUMY )

Des élèves démontent un panneau de signalisation et une caméra de surveillance lors d'une action de blocage du lycée Cesar Baggio à Lille, le 29 septembre 2026 ( AFP / Sameer AL-DOUMY )

Selon la préfecture du Rhône, 41 personnes ont été interpellées. En début d'après-midi, tous les blocages étaient levés.

Dans les Alpes-Maritimes, 18 lycées ont été touchés par des blocages dans la matinée, dont sept à Nice, a communiqué la préfecture. Les forces de l'ordre ont procédé à une cinquantaine d'interpellations qui ont abouti à 34 gardes à vue.

Huit lycéens et sept policiers ont été légèrement blessés, à la suite d'inhalations de fumée, de tirs de pétards ou de rixes.

A Saint-Denis au nord de Paris, devant le lycée Paul-Éluard, où plusieurs centaines d'élèves se sont rassemblés mardi matin, une "interpellation pour des faits qui ne se sont pas produits aujourd'hui (...) alors que tout se passait bien" a mis le feu aux poudres, a rapporté à l'AFP le député LFI Eric Coquerel, disant tenir cette information du commissaire de quartier.

Un mouvement de foule s'est aussitôt déclaré. Des forces de l'ordre ont donné plusieurs coups de boucliers sur des lycéens et sur une journaliste de l'AFP. BFMTV a déposé plainte après l'agression de ses journalistes "molestés et insultés".

Des élèves manifestent à Bordeaux, le 29 septembre 2026 ( AFP / Philippe LOPEZ )

Des élèves manifestent à Bordeaux, le 29 septembre 2026 ( AFP / Philippe LOPEZ )

En Île-de-France, 75 établissements ont été perturbés, dont 20 touchés par des affrontements, violences ou dégradations, selon la Région, qui déplore 20 blessés.

Selon Valérie Pécresse, présidente LR de la Région, la facture des dégradations "se chiffre à près d'un million d'euros" depuis le début du mouvement: "Une dizaine de portails d'entrée sont hors service et nécessiteront des travaux lourds", sans compter les dégâts des incendies, tags, ou vitres brisées, a-t-elle détaillé.

Accusant le maire de Saint-Denis d'avoir "encouragé les casseurs", Mme Pécresse a prévenu qu'elle enverrait à la ville la facture, d'environ 100.000 euros.

Le maire LFI de Saint-Denis, Bally Bagayoko, venu devant le lycée Paul-Éluard mardi matin, a estimé sur BFM que "la violence, à un moment donné, peut être légitime". "Mais chaque fois qu'on peut l'éviter, c'est mieux", a-t-il aussitôt nuancé.

Le mouvement a également gagné l'enseignement supérieur. Les universités de Clermont-Ferrand, Poitiers, Toulouse 2 et Toulouse 3, Pont de Bois à Villeneuve-d'Ascq, Lyon 2 et Sciences Po Lyon étaient bloquées mardi matin, selon l'Union étudiante. Des tentatives ont également eu lieu à Paris et à Nice.

LFI en première ligne

A sept mois de la présidentielle, ce mouvement bénéficie du soutien de responsables de LFI, régulièrement présents devant les lycées mobilisés, comme Paul Vannier devant le lycée Julie-Victoire-Daubié d'Argenteuil ou le député de l'Essonne Antoine Léaument, ovationné devant un lycée de Sainte-Geneviève-des-Bois pour avoir promis l'abrogation de Parcoursup.

Le candidat LFI à la présidentielle Jean-Luc Mélenchon lors d'une manifestation de la fonction publique, le 29 septembre à Paris ( AFP / Anne-Christine POUJOULAT )

Le candidat LFI à la présidentielle Jean-Luc Mélenchon lors d'une manifestation de la fonction publique, le 29 septembre à Paris ( AFP / Anne-Christine POUJOULAT )

La veille, le Premier ministre Sébastien Lecornu avait déploré la "surenchère irresponsable" d'élus du mouvement de gauche radicale.

"LFI, c'est les pompiers pyromanes", a dénoncé mardi matin sur RMC Valérie Pécresse, déplorant une "instrumentalisation politique".

"Ce Premier ministre croit que c'est nous qui créons les problèmes", a rétorqué mardi le candidat LFI à la présidentielle Jean-Luc Mélenchon. "Nous sommes fiers d'être aux portes des lycées pour défendre nos gamins. Parents, militants Insoumis, mobilisez-vous pour vous interposer face à la sauvagerie policière".

8 commentaires

  • 18:32

    Un sacré problème d'état d'esprit dans ce pays, je ne pensais jamais vivre une telle situation mais là on touche le fond et la remontée va être très compliquée car plus grand monde ne veut bosser et s'estime redevable de tout.


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